Le grand baissier Burry lance à nouveau une alerte sur les actions américaines : si les "Magnificent Seven" suivent la baisse et que les rendements obligataires diminuent, Wall Street pourrait connaître un "Octobre sanglant".
Burry met en garde que les transactions douloureuses sur le marché pourraient continuer. Il a présenté un scénario baissier nommé « Octobre sanglant » : si les « sept géants de la Bourse américaine » suivent la baisse des actions des semi-conducteurs et que les rendements obligataires diminuent simultanément, il renforcera davantage sa conviction concernant ce scénario.
Selon l'application d'information financière Zhihui Finance, l'investisseur Michael Burry, célèbre pour avoir prédit avec précision la crise des subprimes de 2008, avertit que les transactions douloureuses du marché pourraient se prolonger. Ce personnage, qui a inspiré le film « The Big Short », évoque un scénario baissier baptisé « Octobre sanglant » : si les « Sept géants » de la bourse américaine suivent la baisse des valeurs des semi-conducteurs et que les rendements obligataires diminuent simultanément, son jugement sur ce scénario sera encore renforcé. Il a déclaré dans une conversation sur Substack : « Quand on parle de transactions douloureuses, à mon avis, elles se transforment souvent en transactions létales, car elles ont tendance à durer très longtemps. »
Baisse des rendements obligataires, mais les valeurs technologiques peinent à en bénéficier
Mercredi, après la publication de l’IPC américain de septembre, les rendements des obligations du Trésor ont bondi, celui à 10 ans dépassant un instant 5,30 %, avant de revenir rapidement sous 5,20 % en clôture ; cela s’explique par le rôle de valeur refuge joué par la dette américaine, repliant ainsi les rendements. Néanmoins, la baisse de ces rendements n’a pas bénéficié aux valeurs technologiques : l’indice Nasdaq Composite a clôturé en repli de 1,88 % mercredi, tandis que le Nasdaq 100 a cédé 2,02 %.
Burry souligne que ce phénomène mérite une attention particulière. Il explique : « Bien que le consensus du marché soit que la baisse des taux profite généralement aux actions, la transaction douloureuse actuelle se traduit par une baisse des taux accompagnée d’une chute du Nasdaq. »
La question à surveiller désormais est de savoir si la faiblesse des valeurs des semi-conducteurs va s’étendre aux « Sept géants » américains. Burry précise : « Nous avons déjà observé une baisse simultanée des semi-conducteurs et des taux, mais si nous finissons par voir les ‘Sept géants’ suivre la dynamique baissière des taux, cela renforcera davantage notre conviction quant au scénario du ‘Octobre sanglant’. »
Les « Sept géants » des valeurs technologiques américaines incluent Apple (AAPL.US), Microsoft (MSFT.US), Google (GOOGL.US), Amazon (AMZN.US), Nvidia (NVDA.US), Meta Platforms (META.US) et Tesla (TSLA.US). Burry souligne que ce groupe occupe actuellement la place de « dernier bastion encore debout » du marché et note que la récente performance des valeurs des semi-conducteurs présente des similitudes avec l’état du marché autour de la bulle technologique de 2000. Il ajoute que l’indice S&P 500 pourrait afficher une fausse cassure par le bas.
La pression de vente met à l’épreuve la longue période de calme de Wall Street
Burry note qu’après que les volumes d’échanges aient atteint leur niveau le plus bas depuis 20 ans, l’activité sur le marché s’intensifie. Le volume de transactions du SPDR S&P 500 ETF (SPY) dépasse de 15 % la moyenne, tandis que celui de l’Invesco Nasdaq 100 ETF (QQQ) est supérieur d’environ 25 %. À ce moment-là, le S&P 500 était proche d’une baisse de 1 %, et les volumes des titres en baisse sur le NYSE représentaient 79 % du total.
Il relève également que, depuis 2020, le S&P 500 a connu sa plus longue période sans une seule baisse journalière de 1 %. La Bourse de New York n’avait pas non plus enregistré de journée où les volumes de titres en baisse représentaient au moins 80 % du total quotidien depuis près d’un an, ce qui constitue la plus longue période calme de ce type depuis que les données existent (depuis 1996).
Par ailleurs, Burry rappelle que le ralentissement de l’inflation ne signifie pas que le niveau élevé des prix auquel sont confrontés les ménages va diminuer. Il cite, par exemple, le prix d’un paquet de chips passé de 5,99 $ à 6,19 $, alors qu’il n’y a pas si longtemps, il oscillait entre 1,99 $ et 2,49 $. Selon lui, même une hausse modérée exerce une forte pression quand les tarifs sont déjà élevés. Il précise : « Continuer à pousser ce faux plafond de prix vers le haut devient douloureux. »
Parier sur l’imminence d’un sommet de marché
Avant ces dernières remarques, Burry avait tout juste dévoilé ses positions vendeuses. Il précise que quasiment toutes ses positions short ont été établies via des options de vente sur le Nasdaq 100 et le VanEck Semiconductor ETF (SMH). Les prix d’exercice de ces deux positions sont d’environ 20 % inférieurs au prix des actifs sous-jacents au moment de l’achat, les dates d’échéance étant respectivement en avril 2027 et juin 2027. Il détient également des options de vente sur Oracle (ORCL.US), Palantir (PLTR.US), MetLife (MET.US) et Caterpillar (CAT.US).
Burry déclare : « J’estime qu’il reste environ 0 à 9 mois avant l’apparition d’un sommet majeur du marché. » Il décrit ce fonds consacré aux semi-conducteurs comme un pari concentré à la baisse sur ce qu’il considère comme des valeurs excessivement valorisées, Nvidia représentant près d’un cinquième du portefeuille total du fonds.
Son analyse baissière repose en partie sur le constat suivant : malgré des indices principaux à des niveaux records, la largeur de la progression du marché s’amenuise. Plus tôt ce mois-ci, Burry a calculé que sur les valeurs composant le S&P 500, 55 % avaient perdu au moins 20 % depuis leur plus haut, et plus de 80 % au moins 10 %. Il compare cette divergence à la configuration du marché lors du sommet de la bulle technologique. Il affirme : « Le sommet du marché se forme fréquemment durant ce stade de déni. Cette phase peut durer 6 à 9 mois, voire plus d’un an. »
Burry reconnaît toutefois que le marché pourrait encore fortement progresser avant de se retourner à la baisse. Dans un récent post publié un week-end, il indique : « Les derniers mois d’un marché haussier peuvent être extrêmement frénétiques. Après tout, les indices ont déjà battu des records, et la hausse pourrait pleinement s’accélérer dans un laps de temps très court. »
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