La carte n’est pas le territoire. Taverny, Val-d’Oise, 13 juillet 2026. Trois hommes cagoulés et gantés font irruption chez une famille, ligotent la mère et leur enfant de 10 ans puis s’acharnent sur le père au pistolet à impulsion électrique. Ils veulent ses cryptomonnaies. Leur tuyau venait d’un fichier volé chez Waltio, dont la fuite de données avait déjà alarmé les investisseurs français en janvier, précise Le Parisien.
Sur le compte de la victime, il restait une centaine d’euros. Six suspects ont été mis en examen deux mois plus tard.
- Un home-jacking choquant a eu lieu à Taverny, visant les cryptomonnaies d’une famille après une fuite de données chez Waltio.
- Six suspects ont été mis en examen pour cet acte violent, orchestré par un commanditaire déjà incarcéré.
Home-jacking crypto à Taverny : 900 euros de virements exigés sous la menace
Le home-jacking, c’est le cambriolage avec les occupants à la maison, retenus le temps de leur soutirer ce qui a de la valeur. Les agresseurs de Taverny savaient exactement ce qu’ils venaient chercher. Ils réclament des virements de cryptomonnaies depuis le compte Waltio du père, selon le parquet de Pontoise cité par Le Parisien le 23 septembre.
Problème pour eux. Les avoirs affichés dans les données dérobées dataient de 2024 et avaient fondu depuis. Sous les décharges et les menaces, la victime finit par livrer ses codes d’accès, qui ouvrent sur un portefeuille d’environ 100 euros.
Les malfaiteurs changent alors de cible et exigent de l’épouse deux virements de 450 euros. Ils raflent aussi ordinateurs, téléphones et bijoux avant de repartir avec quelques centaines d’euros en poche, bien loin du pactole imaginé.
Fuites de données en France : l’épée de Damoclès
Waltio aide les particuliers à calculer et déclarer la fiscalité de leurs cryptoactifs. La société a découvert en janvier 2026 une fuite touchant les rapports fiscaux de ses clients. Adresses e-mail et soldes au 31 décembre 2024 se sont retrouvés dans la nature, et le parquet de Paris a confié l’enquête à l’unité nationale cyber de la gendarmerie.
Ce genre de fichier vaut de l’or pour des truands. Une adresse e-mail et un solde suffisent à dresser une liste de cibles. À Taverny, le procédé a pourtant buté sur un détail, car une photo fiscale vieille de dix-huit mois ne dit rien du portefeuille actuel de la personne visée.
Séquestration crypto : des recrues du net et un commanditaire en prison
L’enquête a été menée par le groupe de répression du banditisme du service interdépartemental de police judiciaire du Val-d’Oise. Six hommes ont été identifiés puis présentés à un juge d’instruction le 11 septembre 2026.
Ils sont mis en examen pour vol et extorsion en bande organisée avec arme, séquestration en bande organisée et association de malfaiteurs. Trois d’entre eux sont en détention provisoire.
Le profil des exécutants n’a rien d’un commando d’élite. Il s’agit surtout de jeunes hommes enrôlés via les réseaux sociaux dans plusieurs régions. Quelques-uns traînaient déjà un passé de délinquants de seconde zone. Et le donneur d’ordre présumé serait un homme déjà incarcéré à Auxerre (Yonne), qui aurait monté le coup sans quitter sa cellule.
Avoir vendu ses jetons ne protège donc pas les détenteurs qu’un fichier ancien désigne encore comme riches. Une tentative de rapt à Paris, pour laquelle un adolescent a été écroué, avait déjà placé les données de Waltio au cœur d’une autre enquête, et la gendarmerie a adapté sa stratégie face à cette vague d’agressions. Trois des six suspects de Taverny restent en détention provisoire dans l’attente des suites de l’instruction.


